Un après-midi loisirs au « Gang de la Clef à Molette »

Après des mois de travaux sur la Place du Marché, Anne et Xavier ont relancé les animations qu’ils ont l’habitude d’organiser dans leur librairie Le Gang de la Clef à Molette. Un atelier créatif  piloté par l’auteur Thomas Scotto ouvrait le programme de cet automne.

Thomas Scotto a animé avec humour l’atelier créatif dans un cadre idéal : au milieu des rayonnages de livres du « Gang de la Clef à Molette ».

« On va commencer par une dictée », sourit Thomas Scotto devant les enfants fronçant les sourcils. L’auteur avoue bien vite qu’il plaisante. Ouf ! Les bambins et leurs parents ont été conviés à un moment beaucoup plus ludique qu’une dictée : un atelier créatif pour jouer avec les mots, les images, stimuler l’imagination.

L’idée est partie d’un ouvrage sur lequel Thomas a travaillé, « Dans ma maison », un recueil d’illustrations sur le thème de l’habitation, dont il a écrit les textes. Le livre a été publié par La maison est en carton qui célèbre justement ses 10 ans d’existence et qui a toujours eu sa place au « Gang ». Car Anne et Xavier ont à coeur de défendre les petits éditeurs indépendants.

Thomas se trouvait en résidence d’écriture à Saint-Symphorien (Gironde) au Chalet Mauriac. L’occasion était trop belle de faire venir l’écrivain à Marmande afin qu’il fasse profiter les participants à l’atelier, petits et grands, de son inspiration, de sa poésie. Au final, la séance s’est révélée aussi amusante que chaleureuse.

Thomas Scotto (debout à droite) tournait autour de la table pour suivre les activités des participants.

 

Enfants et adultes étaient invités à choisir une illustration de maison qui leur plaisait et à noter les mots que leur inspirait le dessin. Les résultats étaient parfois surprenants…

Les prochaines animations du « Gang » incluent une rencontre avec Gérard Mordillat le mercredi 15 novembre à 18h30 pour « La tour abolie » chez Albin Michel. Le mardi 21 novembre, la romancière américaine Jean Hegland viendra parler de son livre « Dans la forêt » (éditions Gallmeister).  Le mercredi 29 novembre, ce sera au tour de Pascal Dessaint pour son roman policier « Un homme doit mourir » chez Rivages.

Retrouvez toute l’actualité de la librairie sur sa page Facebook.

Nicolas Michel.

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Les idées de cadeaux de Noël de vos commerçants

Le blog vous emmène dans Marmande à la recherche d’idées pour vos achats de Noël. Pour cette fin d’année 2016, l’itinéraire choisi nous conduit de la Rue de la Libération à la Place du Marché, en passant par la Rue de la République.

DOMINO (65, Rue de la Libération)

Bienvenue dans le temple des jouets traditionnels en bois et en métal, tenu par Brigitte et sa famille. Parmi les innombrables présents à offrir, Domino vous propose une caisse à outils pour les petits mécanos en herbe ainsi qu’une dinette avec four et service à thé. Les bambins pourront par ailleurs éveiller leurs sens avec un cube d’activités ou s’élancer sur leur premier porteur à l’allure plaisamment rétro.

le Nain Jaune, un classique des jeux de société apparu en Lorraine au XVIIIe siècle.

img_0344De leur côté, les parents retrouveront peut-être un de leurs plaisirs d’enfance avec un Nain Jaune joliment ouvragé. A moins qu’ils ne préfèrent un Billard Bordelais, où il convient de guider les billes vers les trous rapportant le plus de points. Jeu de l’oie, d’échecs ou de dames, Petits Chevaux : vous trouverez ainsi chez Domino tous les jeux de société incontournables.

STUDIO PHOTOJENNY (62, Rue de la Libération)

Pour les fêtes, Studio PhotoJenny vous propose deux promotions. D’une part, la séance premium d’une durée de 30 minutes passe de 150€ à 125€. Le résultat vous sera remis sous la forme de dix tirages 15x20cm dans un album simili cuir haute gamme et un Cd comportant toutes les images. D’autre part, si vous achetez un cadre ou un pêle-mêle, les tirages pour les garnir vous sont offerts (jusqu’à 20x30cm). Profitez-en avant le 10 décembre inclus.

LIBRAIRIE LIBELLULE (30, Rue de la Libération)

Le samedi 03 décembre de 14h00 à 17h30, le photographe Christian Prêleur sera présent au magasin pour dédicacer son livre Le Lot-et-Garonne prend la pose, sorti aux éditions Arphivolis. L’occasion d’offrir un exemplaire dédicacé de ce superbe ouvrage, qui célèbre en noir-et-blanc toutes les beautés de notre département.

Autre idée cadeau qui ne manque assurément pas de charme : le village miniature des santons de Provence. « Les santons sont faits en argile, peints à la main avec des détails minutieux », précise Véronique, qui tient la librairie avec son mari Antoine. « Vous retrouvez tous les personnages traditionnels : le meunier avec son moulin et son âne, la porteuse d’eau, la lavandière ». Des éléments de décor complètent la scène (pigeonnier, moulin, bergerie, murets, mare). « Beaucoup de gens commencent par acheter la Sainte Famille puis complètent le tableau année après année ».

NOUVEL’HAIR COIFFURE (30, Rue de la Libération)

Perrine (à gauche) et son apprentie vous présentent les paquets « voyage » de la marque Terre de Couleur.

A mettre au pied du sapin cette année : la trousse spéciale barbe de la marque Défi pour Homme ou des paquets tout prêts de la gamme Terre de Couleur contenant des produits au format voyage 100% naturels. Vous avez également la possibilité d’offrir un chèque cadeau permettant à l’heureux bénéficiaire de profiter notamment des services premium du salon, de nouveaux rituels et soins personnalisés de vingt minutes à une demi-heure effectués en cabine bien-être avec lumière tamisée, parfum et musique d’ambiance.

Par ailleurs, le samedi 17 décembre, chaque enfant est invité à rencontrer le Père Noël au magasin, tandis que les parents se verront offrir un bon de réduction d’une validité de trois mois.

Faisons maintenant une pause gourmande au 35, Rue de la Libération chez la bien connue Pâtisserie Lancuentre car, après tout, chocolats et autres marrons glacés restent indissociables de Noël…

CANLER (6, Rue de la Libération)

canler-marmandeEn matière de vêtements pour hommes, le cadeau à faire se trouve chez Canler. Pour une tenue de jour comme de nuit, vous pouvez vous habiller de pied en cap dans cette élégante boutique, où les marques sont mises en valeur. A gauche sur la photo : chemise et écharpe Jean Chatel, parka Peter Cofox, pantalon Bruno Saint Hilaire. A droite : pyjama et robe de chambre assortie Massana. Sous-vêtements (Hom) et chaussettes (Burlington) peuvent venir compléter l’offre par exemple.

En coffret cadeau, les chaussettes Burlington et leur fameux poinçon : classe et indémodable !

LA FONTAINE BIO (56, Rue de la République)

Le magasin a rentré pour les fêtes une nouvelle collection de soins entièrement biologiques, de la marque Peau de Fleurs : crème jour anti-âge, lotion tonique visage, crème nuit régénérante… Responsables jusque dans leurs emballages, en carton recyclé.

Le produit phare de La Fontaine Bio reste la lampe de sel. « J’en vends depuis 17 ans et elle a toujours autant de succès grâce à sa couleur, son prix raisonnable », se réjouit Miki, la responsable. « Elle détend par sa lumière chaude, relaxante, qui rappelle un peu le feu de cheminée. Elle donne une ambiance cocooning. Vous avez en complément un bougeoir et un diffuseur d’arôme. Pour faire Noël, je vous conseille la cannelle ».

ATELIER PHILIPPE S (Place du Marché)

atelier-philippe-s-a-marmandeAprès les hommes chez Canler, honneur aux dames ! Monsieur, vous cherchez à ravir votre bien-aimée avec un bijou pas comme les autres ? Philippe détient la solution idéale. « En général, une pierre sur un pendentif reste fixe », explique-t-il. « Avec ces nouveaux bijoux en argent, oxyde de zirconium, la pierre est mobile et bouge en même temps que vous, donnant sous la lumière un effet scintillant magnifique. C’est unique à Marmande. Vous pouvez assortir le pendentif avec une bague et des boucles d’oreille ».

LE COMIC BOOK STORE (Place du Marché)

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Vous cherchez cette fois à faire plaisir à quelqu’un qui aime les comics ? Mickaël a sélectionné pour vous les Anthologies DC : des recueils de plusieurs aventures centrés sur un super-héros en commençant toujours par la toute première éditée – par exemple, celle de Superman remonte à 1938. « Les histoires avancent à travers le temps et permettent de voir l’évolution de tel ou tel héros en fonction des différents auteurs, des époques », précise Mickaël. « Vous pouvez ainsi approfondir votre connaissance des personnages. Il existe aussi une anthologie des super-vilains autour de Lex Luthor, le Joker et autres ».

Pour gâter un fan de Star Wars, ne cherchez pas plus loin ! Le Comic Book Store dispose d’un vaste choix de produits : des bandes dessinées à foison évidemment, mais aussi des lithographies en édition limitée, des tee-shirts, des figurines, des mugs et même un amusant coquetier à l’image du petit robot BB8. Mickaël a tenu à mettre en avant deux livres qui se distinguent par leur originalité : Le Manuel du Jedi et Le Livre des Sith. « Ils sont présentés comme des journaux intimes écrits par nos personnages préférés et qui seraient passés de main en main. On trouve dans les marges des notes personnelles de Yoda, Luke Skywalker, Dark Vador… C’est une plongée très personnelle dans l’univers de Star Wars ».

Pour un collectionneur de figurines Funko Pop, vous trouverez forcément votre bonheur au Comic Book Store. Des pièces rares sont même proposées.

LE GANG DE LA CLEF A MOLETTE (Place du Marché)

Libraires passionnés, Anne et Xavier ont porté leur choix sur le coffret de La Pléiade consacré à Jack London. « Il permet de relire toute son oeuvre dans de nouvelles traductions », précise Anne. « Cet auteur est un merveilleux raconteur d’histoires, son nom est synonyme d’Aventure. Il a posé des questions sur la société de son temps, qui sont toujours d’actualité. Il a gardé sa modernité et ses textes sont d’une force incroyable ».

Au rayon bande dessinée adulte, Le Gang de la Clef à Molette vous recommande Etunwan de Thierry Murat, l’histoire d’un photographe au XIXème siècle qui suit une mission dans l’Ouest américain et se prend de passion pour les Indiens qu’il rencontre. Une histoire « poignante », comme la qualifie Anne. « L’album se révèle d’une grande richesse », ajoute-t-elle. « Les planches de Thierry Murat sont de vraies oeuvres d’art. Il se réapproprie toutes les possibilités qu’offre la bande dessinée, de même que son personnage explore chaque opportunité de la photographie à son époque ».

Pour les enfants à partir de 5 ans, Xavier recommande un album d’Anne Brouillard intitulé La Grande Forêt – Le Pays des Chintiens édité chez Pastel. « Un mélange de récit illustré et de bande dessinée pour la jeunesse dans un étonnant pays inventé de toutes pièces, avec de vraies cartes détaillées. Les personnages sont dessinés tout en légèreté et les paysages sont magnifiques. Les enfants adorent parce que ça parle à leur imaginaire ».

TOUT NATURELLEMENT (1, Rue de la Filhole)

Les diffuseurs d’huiles essentielles constituent toujours un cadeau plaisant. Le magasin en propose de toutes sortes.

Le bio et le bien-être guident vos choix de cadeaux ? Danielle et sa fille, Virginie, ont dressé tout spécialement une table sur laquelle vous n’aurez plus qu’à piocher parmi les nombreux coffrets de soins Melvita pour le corps et le visage sur des thèmes aromatiques différents : rose, huile d’argan, Or Bio (qui combine plusieurs huiles précieuses)… Vous pourrez opter pour des petites trousses contenant des assortiments de produits ou de jolies boules façon Noël, garnies elles aussi d’échantillons.

Nicolas Michel.

Ségolène Lefèvre, historienne de la cuisine et du vin

Les rencontres avec les écrivains se suivent mais ne se ressemblent jamais à la librairie du Gang de la Clef à Molette. Après l’Amérique rurale de Kim Zupan et les loups-garous adolescents de Gaia Gusti, Ségolène Lefèvre est venue nous régaler d’anecdotes à propos de son dernier ouvrage, « Le vin dans la cuisine » aux Editions Confluences. Originalité de la soirée, l’intervention de l’auteure était judicieusement accompagnée d’une dégustation préparée avec grand soin par Yannick de l’épicerie fine « Au Relais du Terroir » à Casteljaloux.

« Les nourritures intellectuelles, c’est bien ! Mais les nourritures terrestres ne sont pas mal aussi », plaisante Ségolène devant les plats qui circulent. Les bouchées de polenta aux oignons, lardons, crème et vin blanc ou les pâtes fraîches au pesto, noisettes et piments d’Espelette engendrent des hochements de satisfaction parmi le public venu nombreux.

Depuis ses études universitaires, Ségolène s’est spécialisée dans l’histoire de l’alimentation, une branche méconnue sur laquelle il reste beaucoup à écrire encore. « L’alimentation fait partie de la vie quotidienne de l’homme depuis que le monde existe, avec tous les plaisirs, les angoisses, la peur de manquer et les régimes qui vont avec. La société se reflète dans la façon dont on se nourrit. Et quand on regarde le chariot des gens, on se dit que l’on va très mal ». Pour l’auteure, il faut réapprendre à déguster la nourriture et pas se contenter de la consommer.

LE VIN COMME UN ART DE VIVRE

Après avoir retracé l’histoire des légumes à travers les âges dans « Le goût des légumes » (paru chez Féret), Ségolène s’est penchée cette fois sur les origines du vin dans la cuisine et son évolution au cours des siècles : de la notion d’ivresse dans la Rome antique à la fonction de conservateur au Moyen-Âge, jusqu’à son rôle d’ingrédient dans les cuissons d’aujourd’hui. « Le vin n’est pas une boisson comme les autres », avance-t-elle. « Il est associé à tout un art de vivre, à la sociabilité. Ce n’est pas juste une bouteille que l’on ouvre. Un vin a une histoire. Il est l’expression d’un terroir ».

Ségolène échange avec son auditoire.

CUISINE ET PARTAGE

Reflet de cette philosophie qui veut que la cuisine soit avant tout une question de don et de partage, vingt-six grands chefs ont accepté par amitié d’offrir à l’auteure des recettes compilées à la fin de l’ouvrage. « Je les ai testées et découvert ainsi des utilisations du vin auxquelles je n’aurais jamais pensé ». Croquant de queue de boeuf fin gras du Mézenc au vin rouge. Figues de Nérac pochées au pedro ximenez de 1973, croûte de Kouign Amann, crème noix/vanille. Ou encore Gnocchis de patates douces et fraises Mara des bois au Monbazillac, crumble noix-vin rouge (de Bergerac)… Rien que les intitulés font monter l’eau à la bouche. A vos fourneaux !

Nicolas Michel.

Conseils de lecture (mars 2016)

Ce mois-ci, c’est au tour de Marie-Pierre de la librairie Libellule (rue de la Libération) de nous faire profiter de ses précieuses recommandations. Elle a choisi de nous faire découvrir trois auteurs français pas forcément médiatisés.

IMG_7894LE LISEUR DU 6H27 de Jean-Paul Didierlaurent (Folio – Gallimard)

Marie-Pierre – C’est l’histoire d’un homme qui travaille dans une usine de pilonnage de livres, à son grand désespoir car il adore la lecture. Tous les soirs, il rentre chez lui avec des pages restées coincées dans la machine, il les restaure et les lit le lendemain dans son RER de 6h27, au grand bonheur des usagers qui attendent ce monsieur tous les matins. Un jour, il découvre une clef USB sur son siège et va s’intéresser à son contenu… « Le liseur du 6H27 » est un conte moderne, un condensé de bonne humeur, d’optimisme, de tendresse, avec des personnages hauts en couleur. Ce roman se lit très facilement. Je le vois comme une parenthèse contre la morosité, un petit bonheur. J’appelle cela un Amélie Poulain littéraire, si vous vous souvenez de ce film…

IMG_7892LE BAL DES FRELONS de Pascal Dessaint (Rivages/Noir)

Marie-Pierre – Dans un village en Ariège s’agite tout un petit monde d’hommes et d’animaux. Vous avez Max l’apiculteur, Antonin le gardien de prison à la retraite, Michel le maire magouilleur, deux ex-taulards… Entre eux, la tension va monter inexorablement et on ignore jusqu’où… Pascal Dessaint est un auteur classé dans la littérature rurale. Il est en contact avec la nature et s’intéresse aux liens entre l’être humain et l’environnement. Il a une écriture enjouée, vivante. Il nous offre ici un thriller noir, mais pas du tout morbide ou trash. Il faut surtout aimer l’humour caustique pour apprécier ce genre de polar.

PIRATES de Fabrice Loi (Collection Blanche – Gallimard)

« Tony Palacio, forain, trompettiste de jazz, quitte la loterie familiale et monte à Marseille. Entre survie et petits trafics, il y rencontre Max Opale, un ancien militaire devenu expert en balistique. Tour à tour IMG_7896ami, mentor et rival, Max Opale initie Tony à la violence dans une enquête liée aux pirates de Somalie. Et avec Awa, femme d’Opale et soprano sud-africaine, Tony Palacio vivra un singulier duo… Plus encore : Awa lui apprendra que tous les mondes ne se valent pas ».

Marie-Pierre – « Pirates » a plusieurs facettes, dans un mélange vraiment enrichissant. C’est d’une part un beau roman poétique, autour de la musique. L’auteur, qui est lui-même saxophoniste, nous fait découvrir l’univers de l’opéra. En même temps, le livre reste assez noir. Il traite de la société, de nos idéaux, de ces guerres contemporaines à la fois lointaines et proches de nous… Nous avons eu la chance de recevoir l’auteur à la librairie Libellule. Il est venu rencontrer son public marmandais, auquel il a réservé un accueil chaleureux en jouant du saxophone. Son discours est engagé, parfois dérangeant, mais d’une grande richesse. Il fait sonner des alertes, en nous disant de faire attention au monde qui nous entoure.

Propos recueillis par Nicolas Michel.

Conseils de lecture (février 2016)

Regard sur Marmande inaugure sa nouvelle rubrique littéraire. Chaque mois, un spécialiste vous livrera ses coups de coeur du moment. Xavier de la librairie du Gang de la Clef à Molette (Place du Marché) a bien voulu se prêter au jeu. Il a sélectionné pour vous trois titres dans des genres très différents.

IMG_7426CORROSION de Jon Bassoff (éditions Gallmeister)

« Un vétéran d’Irak au visage mutilé tombe en panne au milieu de nulle part et se dirige droit vers le premier bar. Peu après, un homme entre avec une femme, puis la passe à tabac. L’ancien soldat défiguré s’interpose, et ils repartent ensemble elle et lui. C’était son idée, à elle. Comme de confier ensuite au vétéran le montant de l’assurance-vie de son mari qui la bat. Ce qu’elle n’avait pas réalisé, c’était qu’à partir de là, elle était déjà morte… »

Xavier – « Corrosion » est le premier roman de Jon Bassoff, disponible dans une collection que nous aimons beaucoup ici au Gang de la Clef à Molette : Neo Noir de chez Gallmeister. On sort complètement éberlué de ce polar que je ne recommanderais pas à tout le monde, mais vraiment à ceux qui aiment les romans profondément noirs, à l’ambiance glauque, avec des personnages habités par leur folie.

 

JUNGLE de Miguel Bonnefoy (éditions Paulsen)

« Prenez un jeune écrivain couvert de louanges, couronné de nombreux prix littéraires. Plongez-le sans autre préparation au milieu de la jungle vénézuélienne. Il devra traverser la montagne (Auyantepuy), escalader des crêtes, s’enfoncer dans la mousse, traverser des torrents, ouvrir des sentiers à la IMG_7427machette… Et s’élancer dans Le Salto Angel, un rappel vertigineux de 950 mètres, dans le fracas de la plus haute cascade du monde ».

Xavier – « Jungle » constitue véritablement le coup de coeur du Gang en ce début d’année, d’autant que nous avons reçu son auteur dans la librairie, le franco-vénézuélien Miguel Bonnefoy. Vu qu’il est écrivain et non pas aventurier, sa démarche apparaît candide. Il fait preuve aussi de beaucoup d’autodérision tout au long des pages. Comme il n’a pas spécialement envie de se mettre en avant, il parle de plein de choses différentes. Il s’intéresse aux porteurs de l’expédition, il décrit magnifiquement bien la montagne, la jungle… Son récit de voyage dans un monde qui nous est inconnu se révèle au final passionnant et drôle, de plus écrit dans une belle langue, très littéraire.

 

LES CARTHOGRAPHES, Livre I : La sentence de verre (chez Nathan)

« Dans ce monde bouleversé, les Etats-Unis sont au XIXe siècle, le Groenland est plongé dans la Préhistoire, l’Afrique du Nord est revenue au temps des Pharaons… Quelle est la carte qui permettra de réunifier le monde en une seule et même époque ? Sophia vit à Boston, en Nouvel Occident. Depuis huit ans, lorsque ses parents explorateurs ont disparu en mission, elle est élevée par son oncle Shadrack, le IMG_7428plus célèbre cartographe de Boston. Mais voilà qu’il est brutalement kidnappé… La jeune fille s’élance alors sur ses traces. Elle n’a qu’une piste : une mystérieuse carte de verre accompagnée d’un message, que Shadrack est parvenu à lui laisser. Avec son nouvel ami Théo, elle va traverser terres, mers… et se confronter à des mondes complètement différents ».

Xavier – Un immense roman d’aventures, dont l’auteure, S. E. Grove, a inventé un univers d’une ampleur incroyable et d’une inventivité infinie. Il s’adresse aux 12-14 ans mais les adultes peuvent y trouver leur compte. En tout cas, ceux qui adorent les romans jeunesse ou la science-fiction s’y plongeront avec délectation. L’histoire ouvre des perspectives d’imaginaire. L’action s’accompagne de toute une dimension métaphysique. Je ne crois pas avoir lu quelque chose de comparable depuis « A la croisée des mondes » de Philip Pullman.

Propos recueillis par Nicolas Michel.

2015 : une rétrospective (Partie 2)

IMG_7328Emilie de la « Pâtisserie Lancuentre » (rue de la Libération).

Comment s’est déroulée votre année 2015 ?

2015 a été difficile car mon mari s’est fracturé le pouce à Pâques et j’ai dû le remplacer dans l’urgence. Nos clients ont été très compréhensifs. Ils ont accepté pendant quelques mois de ne pas avoir certains gâteaux que nous ne pouvions pas réaliser. Mais dans l’ensemble, on a réussi à faire ce qu’il fallait et l’année a été correcte. Décembre m’a paru plus calme mais l’esprit de Noël n’a pas disparu pour autant. Les commandes sont arrivées la dernière semaine avant les fêtes… Parmi les temps forts, le Salon du Chocolat a pris une teinte particulière après les attentats. On a senti que les gens se sont déplacés pour se faire plaisir, ils avaient envie de se réconforter. L’événement marche toujours aussi bien et c’est agréable pour nous d’avoir un contact différent avec les clients en cette occasion.

Si vous ne deviez retenir qu’une chose de 2015 ?

L’organisation et la solidarité par rapport à ce qui est arrivé à mon mari.

Que souhaitez-vous aux lecteurs de « Regard sur Marmande » pour 2016 ?

Une année très douce, gourmande et chocolatée, beaucoup de bonnes choses. Ayez du plaisir et faites plaisir !

 

Antoine de la librairie « Libellule » (rue de la Libération).

Comment résumeriez-vous l’année 2015 au niveau de votre magasin ?

L’année a été marquée par des événements dramatiques, avec des répercussions évidentes sur le moral qui déjà n’était pas au beau fixe. Par rapport à cette situation, on s’est posé des questions, on a cherché ce que l’on pouvait offrir aux gens pour les sortir de cette morosité. Notre travail essentiel à Libellule tourne IMG_7330autour de la convivialité, de la communication entre les personnes. Nos clients ont besoin de se sentir bien chez nous, d’avoir des personnes qui se préoccupent de leurs envies. D’où la création d’un espace détente dans lequel on peut se poser cinq minutes ou trois quarts d’heure, pour boire un café ou pas. Tous nos efforts tendent à faire de Libellule un lieu de vie et de rencontres. On a renforcé aussi nos activités hors murs, un mouvement que l’on a démarré il y a plusieurs années avec notamment des ateliers BD, manga, des expositions… Le festival de La BD est dans le pré au printemps constitue pour nous un point d’activité très fort, avec la rentrée scolaire et les fêtes de fin d’année.

Quelle serait votre image phare de 2015 ?

Elle sortirait du cadre de Libellule et serait liée aux attentats. Ces événements vous rappellent que, aussi dure que soit votre vie de tous les jours, constellée de hauts et de bas, de pareils attentats peuvent brutalement remettre en cause votre vision de l’existence.

Quels voeux adressez-vous à ceux qui suivent le blog ?

J’ai vu sur Canal + une rétrospective des voeux présidentiels année après année, qui commençaient toujours de la même manière : « L’année que l’on vient de passer a été très difficile ». J’ai été etonné de cette continuité. A nous de rendre la vie en général plus sympathique ! Je souhaite que l’on puisse réussir à fédérer, faire se rencontrer les gens et qu’ils se sentent à l’aise au moins dans un endroit comme le nôtre.

 

IMG_4713Sandrine du « Planet Coffee Shop » (rue Toupinerie).

Parlez-nous de l’année 2015 pour le « Planet Coffee Shop »…

2015 s’est inscrit dans la continuité des années précédentes. Tout s’est bien passé. On a fait de gros travaux en juin pour redonner du peps à l’établissement. Les retours ont été positifs. Les clients ont eu l’impression que l’on avait agrandi le magasin. Ces aménagements ont peut-être amené une clientèle nouvelle et nous avons toujours nos habitués, que je ne cesserai jamais de remercier pour leur fidélité.

Quelle image garderez-vous de 2015 ?

Les attentats ! On ne pensait pas être touché autant par la mort de personnes que l’on ne connaissait pas. Et avec Charlie Hebdo, c’est notre liberté d’expression qui a été attaquée… Mais mon image positive de 2015, car il est important de finir sur une note positive, reste les manifestations de Marmande, menées aussi bien par la municipalité que par l’union des commerçants et les associations indépendantes. Elles ont redonné du baume au coeur aux Marmandais. On a senti que les gens étaient vraiment partie prenante.

Vos souhaits pour 2016 à tous nos lecteurs ?

Beaucoup de fous rires. Des larmes de joie pour contrecarrer les larmes de 2015.

 

IMG_7313Perrine de « Nouvel’Hair Coiffure » (rue de la Libération).

Quel regard portez-vous sur l’année écoulée ?

J’ai connu des hauts et des bas mais l’année reste plutôt positive, du fait que j’ai pris davantage confiance en moi, grâce au soutien moral de personnes qui m’ont boostée. L’effet a porté. J’ai gagné un concours national, qui m’a motivée à suivre des formations et ça s’est répercuté ensuite sur la qualité de mes prestations.

Votre meilleur souvenir de 2015 ?

Justement, quand j’ai fait partie des dix gagnants du concours artistique Amika Cut, qui m’a permis de suivre un week-end de formation tous frais payés à Paris avec un coiffeur réputé au niveau mondial. J’étais très fier d’avoir remporté quelque chose par rapport à mon travail, ce fut une vraie reconnaissance.

Quels sont vos conseils beauté pour 2016 ?

Toujours plus ! Plus de couleurs, de beaux ongles, de maquillages, faites-vous plaisir, pensez à vous et investissez sur votre corps (rires)…

 

IMG_6906Willy de « Kustom Kruiz » (rue de la Libération).

Quel bilan tirez-vous des premiers mois d’existence de votre boutique ?

Le magasin s’est fait connaître au fur et à mesure. On compte maintenant, pour bien se lancer, que les infrastructures adéquates se mettent en place, que le cycliste puisse rouler en sécurité. On attend la belle piste cyclable qui doit relier Marmande à Casteljaloux, dont la construction devrait commencer cette année. Ce sera beaucoup mieux que de passer par la départementale pour aller jusqu’à Pont des Sables et récupérer la piste cyclable du canal. La fin d’année a été difficile. Mais on a concrétisé des soutiens qui apprécient notre projet, nos types de vélos, nos personnalités. Ils nous soutiennent et nous donnent envie d’avancer, de nous battre. Il existe heureusement des gens qui aiment se serrer les coudes, avancer ensemble, optimiser les services que l’on peut se rendre les uns et les autres.

Vos voeux pour 2016 ?

Roulez à vélo (rires)… Avant tout, au créateur du blog, bonne chance pour que « Regard sur Marmande » continue de bien marcher, parce que le résultat jusqu’à présent est vraiment cool. Aux lecteurs, soyez patients et constructifs dans vos critiques. Et n’oubliez pas qu’il y a des commerces en centre-ville, il n’est pas mort ! Redécouvrez le avec tout ce qu’il peut offrir.

Nicolas Michel.

Nouvel espace de lecture à la librairie Libellule

La librairie Libellule, rue de la Libération, a inauguré son coin lecture, où les clients pourront se poser le temps d’un café ou d’un thé offert par la maison.

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L’espace lecture a été aménagé à votre droite en entrant dans le magasin.

 

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Prenez le temps de feuilleter un ouvrage ou l’une des revues mises à disposition.

 

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Thé ou café ? Servez-vous…

 

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Une belle déco zen dans des tons gris apaisants.

Nicolas Michel

La voix de Gaia

En partenariat avec l’agence culturelle Ecla Aquitaine, la librairie du Gang de la Clef à Molette a convié l’auteure Gaia Guasti à présenter au public marmandais sa trilogie «La voix de la meute» aux éditions Thierry Magnier. Une belle rencontre marquée par une lecture d’extraits et une séance de dédicaces.

IMG_6737Une charmante pointe d’accent trahit ses origines italiennes. Née en 1974 à Florence, Gaia Guasti s‘est installée à l’âge de 18 ans en France, où elle a suivi des études à la Femis, l’école nationale supérieure des métiers de l’image et du son. Devenue scénariste pour le cinéma, elle s’est lancée en parallèle dans une carrière d’écrivain, notamment pour la jeunesse avec son malicieux roman «Mollo mollo le matin et pas trop vite l’après-midi».

Destinés à un lectorat plus adolescent, les trois tomes de «La voix de la meute» racontent la quête initiatique d’un trio d’amis entre 15 et 17 ans, Mila, Ludovic et Tristan, qui se transforment en loups-garous lorsqu’ils se retrouvent sous le coup d’une émotion forte.

Des ados ancrés dans la ruralité

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Gaia, concentrée, s’apprête à lire un extrait de « La voix de la meute ».

L’un des traits spécifiques des personnages imaginés par Gaia tient à leur environnement rural. «On a l’habitude de lire ou de voir des histoires d’ados en ville, mais pas souvent à la campagne», constate-t-elle. «Mes trois héros ont grandi ensemble dans un endroit reculé. Ils étaient les seuls enfants dans un rayon de plusieurs kilomètres. Ils ont en quelque sorte créé leur propre univers. Ils se comprennent parfaitement et sont capables d’une grande complicité». Le cadre dans lequel Gaia les a placés évoque ostensiblement l’Ardèche. Et pour cause ! L’auteure a vécu plusieurs années dans cette région. «J’ai écrit là-bas le premier tome, empreint de ce que je vivais au quotidien. La grotte de mon roman par exemple, qui joue un rôle important, m’a été inspirée par la grotte Chauvet et ses dessins. Maintenant, les lieux que je nomme n’existent pas. Je n’avais pas envie d’identifier un village en particulier afin de prendre de la distance avec le réel».

Portée métaphorique

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L’auteure en pleine séance de dédicaces.

Si «La voix de la meute» s’appuie sur des bases réalistes, l’histoire a tôt fait de basculer dans le fantastique avec le recours au mythe du loup-garou. Pour Gaia, le lycanthrope reste la métaphore idéale pour parler de l’adolescence et de ses métamorphoses. «A cette période de la vie, on est traversé par des pulsions qui nous dépassent. On est en proie à une transformation physique radicale. Les boutons et les poils poussent de tous les côtés. On ne se reconnaît plus tellement. C’est un bouleversement énorme sur le plan psychologique».

Autre parallèle avec lequel Gaia s’amuse à jouer : l’esprit de meute chez les animaux et le besoin des ados d‘évoluer en bande. «A l‘âge de l‘adolescence, trouver sa place dans un groupe reste très important. Certains deviennent des éléments dominants, des alphas, d’autres des boucs-émissaires, des individus omégas, comme il en existe dans les hordes de loups avec l’animal qui mange en dernier et qui a toujours les oreilles baissées».

Final en apothéose

IMG_6747Gaia a écrit la conclusion de sa saga au Chalet Mauriac, à Saint-Symphorien, où sont organisés chaque année par l’agence Ecla des séjours pour les auteurs. «J’y ai connu des moments privilégiés. J’ai trouvé sur place une qualité de concentration incroyable, préservée des soucis du quotidien. J’ai pu aller chercher en moi-même toutes ces peurs et ces angoisses dont je parle dans le roman. Ce troisième tome reste mon préféré. C’est là que tout se joue. J’ai l’impression d’être allée au plus profond de mes personnages. J’ai beaucoup d’empathie et de tendresse pour eux. J’ai eu vraiment du mal à les quitter». Que Gaia se rassure, nous aussi en tant que lecteurs !

Nicolas Michel

Kim Zupan : un Américain à Marmande

La venue d’un écrivain américain dans notre belle cité crée forcément l’événement. Originaire du Montana, un état à la beauté aussi majestueuse que sauvage, Kim Zupan a présenté son roman «Les arpenteurs» lors d’une rencontre organisée à la librairie Le Gang de la Clef à Molette.

«Les arpenteurs» raconte le face-à-face entre John Gload, un tueur impitoyable de 77 ans, qui a été mis derrière les barreaux, et le jeune adjoint du shérif Valentine Millimaki. Deux êtres que tout oppose. «Pourtant, une complicité va se créer», explique Anne, la libraire. «Les deux personnages se ressemblent énormément. Pendant tout le roman se développe un jeu de correspondances entre eux et ils sont unis par un rapport très particulier à la nature».

Les questions suivantes ont été posées à Kim Zupan par les libraires, Anne et Xavier, et par le public venu assister à la conférence. Les propos de l’auteur ont été traduits par Laura Brimo Evin des éditions Gallmeister.

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Kim Zupan.

D’où vous est venue l’idée de confronter ces deux personnages ?

Pour tout vous dire, l’histoire est basée sur des personnes réelles. J’avais il y a plusieurs années un ami qui était à l’époque un jeune shérif et qui faisait des gardes de nuit. Dans ce contexte-là, il a rencontré un criminel, ils se sont parlés et il m’a ensuite raconté cette histoire, devenue les prémices du livre. Mon imagination a fait le reste.

Le personnage de Gload n’apparaît pas antipathique…

C’était clairement mon plus grand défi, ne pas en faire un simple personnage de tueur bêtement méchant, que l’on n’aimerait en rien. Il fallait qu’il devienne quelqu’un de plus consistant et de plus difficile à cerner aussi.

Quel rôle joue la nature dans votre livre ?

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Kim Zupan s’anime lorsqu’il évoque son Montana natal et parle de la nature.

Elle relie les deux hommes. La relation entre Gload et Millimaki s’explique à la fois par la peur et l’attirance que la nature exerce sur eux. Plus jeunes, ils ont été tous les deux des fermiers, des laboureurs (le titre original du roman). Ils ont en commun la nature propre au Montana, vaste et sauvage, parfois assez inhospitalière. Elle est un personnage du livre à part entière et correspond pour moi à un trait essentiel de mon existence. Je vis avec ma femme dans le Montana. J’ai grandi en pleine nature. J’ai appris à pécher, chasser. Quand on vit en extérieur, on apprend assez rapidement que la nature peut vous tuer sans alerte préalable. Il existe un vrai parallèle entre l’homme et la nature. Tous les deux sont capables de beauté pour, l’instant d’après, vous tuer.

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Des auditeurs conquis par l’auteur.

C’est votre premier roman mais on n’a pas du tout l’impression qu’il s’agit d’un coup d’essai.

Techniquement parlant, «Les arpenteurs» n’est pas vraiment mon premier livre, mais mon troisième. J’avais écrit deux autres romans avant, dont l’un a failli être publié. Je suis en train de le reprendre avec une sorte de vitalité retrouvée. Dès que je rentre aux Etats-Unis de ce voyage formidable en France, je m’y remets ! Je suis charpentier depuis très longtemps. Mais je ne me suis jamais considéré comme un charpentier qui écrivait, plutôt comme un écrivain qui était aussi charpentier. Pour tous les auteurs, je pense qu’il est important de faire autre chose que d‘écrire, il faut voir le monde, exister autrement. Ce n’est pas forcément un choix, mais une obligation pour gagner sa vie qui pousse les écrivains à travailler en parallèle.

Quand on parle du Montana, on pense au cinéaste Robert Redford. Seriez-vous attiré par l’écriture pour le cinéma ?

IMG_4943En toute honnêteté, non, je ne l’ai jamais envisagée. Dans mon cas, si je devais penser à un film pendant le processus d’écriture, je crois que je donnerais naissance à un genre de livre que je n’ai pas forcément envie de faire ou de lire. Je sais que certains écrivains fonctionnent comme ça, avec le film en tête. Pour moi, le cinéma et la littérature sont deux formes d’Art distinctes. Prenez Cormac McCarthy par exemple, qui est connu pour son fort tempérament. A quelqu’un qui lui demandait ce qu’il pensait des adaptations cinématographiques de ses livres, «La route» et «No Country for Old Men», il a répondu : «Je m’en moque complètement». C’est comme ça que je ressens les choses.

Quels écrivains nourrissent votre œuvre et votre vie ?

Quand j’étais jeune, j’ai eu ma période Edgard Allan Poe. Maintenant, comme tous les auteurs américains, il existe des références auxquelles nous sommes très attachés, Hemingway, Faulkner, que l’on soit prêt à l’avouer ou non. En ce qui me concerne, je l’admets avec plaisir. Saul Bellow et Robert Stone font partie aussi de mes influences.

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Une séance de dédicaces a conclu la soirée.

Comment percevez-vous l’accueil de votre roman en France ?

Vous m’avez réservé un très bel accueil, je suis flatté. Aux Etats-Unis, les gens aiment les livres évidemment, mais la situation n’est pas comparable à celle que j’ai trouvée en France. On sent qu’il y a chez vous un amour de la culture profondément enraciné, dû au fait que votre pays compte plusieurs siècles d’histoire supplémentaires par rapport aux Etats-Unis. On peut juste espérer que dans 600 ans, les Etats-Unis auront développé le même amour de la littérature et de la culture.