Ségolène Lefèvre, historienne de la cuisine et du vin

Les rencontres avec les écrivains se suivent mais ne se ressemblent jamais à la librairie du Gang de la Clef à Molette. Après l’Amérique rurale de Kim Zupan et les loups-garous adolescents de Gaia Gusti, Ségolène Lefèvre est venue nous régaler d’anecdotes à propos de son dernier ouvrage, « Le vin dans la cuisine » aux Editions Confluences. Originalité de la soirée, l’intervention de l’auteure était judicieusement accompagnée d’une dégustation préparée avec grand soin par Yannick de l’épicerie fine « Au Relais du Terroir » à Casteljaloux.

« Les nourritures intellectuelles, c’est bien ! Mais les nourritures terrestres ne sont pas mal aussi », plaisante Ségolène devant les plats qui circulent. Les bouchées de polenta aux oignons, lardons, crème et vin blanc ou les pâtes fraîches au pesto, noisettes et piments d’Espelette engendrent des hochements de satisfaction parmi le public venu nombreux.

Depuis ses études universitaires, Ségolène s’est spécialisée dans l’histoire de l’alimentation, une branche méconnue sur laquelle il reste beaucoup à écrire encore. « L’alimentation fait partie de la vie quotidienne de l’homme depuis que le monde existe, avec tous les plaisirs, les angoisses, la peur de manquer et les régimes qui vont avec. La société se reflète dans la façon dont on se nourrit. Et quand on regarde le chariot des gens, on se dit que l’on va très mal ». Pour l’auteure, il faut réapprendre à déguster la nourriture et pas se contenter de la consommer.

LE VIN COMME UN ART DE VIVRE

Après avoir retracé l’histoire des légumes à travers les âges dans « Le goût des légumes » (paru chez Féret), Ségolène s’est penchée cette fois sur les origines du vin dans la cuisine et son évolution au cours des siècles : de la notion d’ivresse dans la Rome antique à la fonction de conservateur au Moyen-Âge, jusqu’à son rôle d’ingrédient dans les cuissons d’aujourd’hui. « Le vin n’est pas une boisson comme les autres », avance-t-elle. « Il est associé à tout un art de vivre, à la sociabilité. Ce n’est pas juste une bouteille que l’on ouvre. Un vin a une histoire. Il est l’expression d’un terroir ».

Ségolène échange avec son auditoire.

CUISINE ET PARTAGE

Reflet de cette philosophie qui veut que la cuisine soit avant tout une question de don et de partage, vingt-six grands chefs ont accepté par amitié d’offrir à l’auteure des recettes compilées à la fin de l’ouvrage. « Je les ai testées et découvert ainsi des utilisations du vin auxquelles je n’aurais jamais pensé ». Croquant de queue de boeuf fin gras du Mézenc au vin rouge. Figues de Nérac pochées au pedro ximenez de 1973, croûte de Kouign Amann, crème noix/vanille. Ou encore Gnocchis de patates douces et fraises Mara des bois au Monbazillac, crumble noix-vin rouge (de Bergerac)… Rien que les intitulés font monter l’eau à la bouche. A vos fourneaux !

Nicolas Michel.

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