Trois lycéens avec la tête dans les étoiles

Nicolas, Florent et Martin, qui préparent au lycée Val de Garonne leur bac SSI (Scientifique Sciences de l’Ingénieur), ont participé à un concours international sur le thème de l’espace. Leur rêve aujourd’hui : trouver le financement pour assister en Guyane au lancement de la fusée Ariane 5.

Motivés par les futures carrières dans lesquelles ils veulent se lancer (ingénieur pour Nicolas et Martin, pilote de ligne pour Florent), les trois amis lycéens se sont investis cette année dans un  projet éducatif en lien avec l’exploration spatiale. Dans le cadre du concours international « Odysseus II », ils ont travaillé avec leur professeur, Pierre Marquestaut, sur une étude visant à améliorer la qualité du sommeil des habitants de la Station Spatiale Internationale par le biais de la luminothérapie.

Florent, Nicolas et Martin (de gauche à droite) : trois amis lycéens qui espèrent voir leur rêve aérospatial se réaliser.

Ils ont eu l’occasion de défendre leur idée lors de la finale du concours qui s’est déroulée début juillet à la Cité de l’espace à Toulouse. Nos jeunes ont dû gérer la pression de se retrouver face à un jury renommé, dont faisait partie notamment Claudie Haigneré, première femme française spationaute et ex-ministre. Difficulté supplémentaire, leur présentation s’est faite en anglais, trait d’union entre les différentes nationalités représentées (polonaise, espagnole, grecque, autrichienne, roumaine, etc). « On tire une certaine fierté d’être arrivés en finale », constate Nicolas. « C’est aussi une expérience importante qui comptera si nous voulons aller en classe préparatoire après le bac ». Nul doute qu’ils appréhenderont plus facilement les épreuves orales désormais !

Cagnotte en ligne et tombola

Au bout du compte, le trio n’a pas remporté le premier prix qui consistait en un voyage tous frais payés à Kourou, au Centre spatial guyanais, pour assister au lancement de la fusée Ariane 5 en décembre. « Une organisatrice nous a recontactés cet été et nous a proposé de participer au voyage quand même, à condition de le financer nous-mêmes », raconte Florent.

Du coup, ils ont créés une cagnotte en ligne et préparent une tombola pour laquelle ils font appel à la générosité des entreprises, collectivités et commerces locaux afin de récupérer des lots.

Si vous souhaitez aider Martin, Nicolas et Florent dans leur initiative, vous avez la possibilité de faire un don sur le site leetchi.

Nicolas Michel.

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Les Arts à l’honneur au lycée Val de Garonne

L’établissement a connu en cette fin d’année scolaire une période artistique intense avec, d’une part, l’organisation d’un festival de cinéma par les élèves et, d’autre part, un spectacle musical à l’énergie communicative. Professeur de lettres classiques, Mélanie Fievet avait invité «Regard sur Marmande» à assister à la dernière répétition. Récit de nos impressions.

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Derniers moments de concentration et de concertation avant que ne débute l’ultime répétition.

 

Claire, Lisa, Paul et Lou

Dans la grande salle où a été dressée la scène, on ressent l’effervescence propre aux heures précédant la première représentation, entre trac et excitation. Ponctuée d’intermèdes musicaux qui mettent à l’épreuve le sens du timing, la pièce n’est pas facile à interpréter. Les élèves vont en effet se livrer à l’exercice exigeant du portrait choral, où chacun doit trouver le moyen d’exister sans étouffer les autres. Des personnalités extraverties aux tempéraments plus réservés, l’ensemble fonctionne toutefois à merveille. Car, si l’atelier théâtre était ouvert à tous sans exigence de niveau, avoir l’esprit collectif restait une condition indispensable pour rejoindre la troupe.

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Dorian, dont le personnage rêve de Sciences Po.

Qu’en est-il du sujet de la pièce ? «L’an dernier déjà, on a joué une création originale basée sur des improvisations d’élèves», raconte Mélanie, qui travaille en tandem avec sa collègue professeur d’anglais Véronique Mattéra-Manent. «Les acteurs se retrouvaient convoqués pour un conseil de discipline sans trop savoir pourquoi. On découvrait au fur et à mesure qu’il y avait eu un cas de harcèlement scolaire qui avait mal tourné. Cette année, on a eu envie de changer de thématique. On a imaginé l’histoire d’une radio lycéenne qui apprend en cours d’émission qu’elle va devoir s’interrompre faute d’argent». Une métaphore des activités artistiques selon Mélanie. «Nous aussi, on se bat tous les ans pour avoir le budget et continuer !». Dans la pièce, les élèves refusent la mort programmée de leur média et décident de résister. Leur radio devient pirate. «L’expérience permet aux personnages de découvrir des choses sur eux-mêmes, des sentiments qu’ils n’ont jamais osé dire. L’ado modèle va se révéler artiste rebelle. Le blagueur du groupe va annoncer qu’il veut faire Sciences Po».

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Les chanteuses, Ellynn, Clara et Romane, Guillaume à la batterie et Aymeric à la basse.

Aux côtés des jeunes acteurs, il convient de saluer la performance inspirée des musiciens et des chanteuses, chapeautés par un collègue de Mélanie, Hervé Renoult. Un élément clef de la réussite du spectacle car la bande son y joue un rôle prépondérant. Elle souligne l’ambiance collective du moment : enthousiaste au début quand les élèves font leur émission, plus mélancolique lorsqu’ils apprennent que la radio va disparaître, et de nouveau énergique avec l’entrée en résistance.

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Mélanie Fievet n’est jamais loin de la scène pour superviser les derniers détails.

Toujours dans une démarche de valorisation de la filière littéraire, Mélanie s’investit en parallèle depuis deux ans dans l’organisation par les élèves d’un festival de cinéma en collaboration avec Paul Munier, professeur de philosophie. Après le thème du voyage l’an dernier, l’édition 2015 avait pour sujet la domination à travers la programmation plutôt ambitieuse de films comme The Servant de Joseph Losey (1963), Aguirre, la colère de Dieu de Werner Herzog (1972), Padre Padrone des frères Taviani (1977) ou Furyo de Nagisa Oshima (1983). « L’idée était d’avoir une variété de dates et d’origines. Les élèves ont ensuite réalisés des dossiers pédagogiques avec fiches techniques, synopsis ».

Mélanie se réjouit que le festival représente en fin de compte une belle occasion pour les classes, tous niveaux et filières confondus, de se rencontrer et d‘échanger. «C’est important pour un gros lycée comme le nôtre d’avoir ces moments de partage, de valoriser les talents artistiques, montrer une facette différente du travail des élèves, qui est précieuse».

Nicolas Michel